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Glossaire

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Pères Cisterciens       

SAINT BERNARD (1090-1153)

Il naquit au château de Fontaine prés de Dijon. Tout jeune, il était porté au recueillement, à la réflexion. Adolescent, sa forte personnalité se déclara. Ayant décidé d'entrer à  Citeaux,  il entraîna trente compagnons à sa suite.

Modèle de novice durant son année de probation, puis modèle de moine, il devint abbé de Clairvaux à vingt-cinq ans. Peu à peu sa renommée s'étendit, son influence s'exerça partout. D'une sainteté éclatante, multipliant les miracles, restant humble, "vrai", devant Dieu et devant les hommes, appelé partout, intervenant partout, il fut la lumière de son siècle.

Malgré ses occupations accablantes, il écrivit non seulement de nombreuses lettres, mais des traités de spiritualité, des commentaires d'Ecriture, des sermons.

Voir la liste de ses oeuvres ; plusieurs sont de longues lettres, comme on le verra. L'ordre chronologique a été suivi autant que possible.

On ne peut dater tous ces sermons, à part de rares exceptions : ils s'échelonnent sur les trente-huit années d'abbatiat de l'homme de Dieu.

Saint Bernard n'a pas été le fondateur de l'ordre de Cîteaux, mais son animateur, sa plus grand gloire.

GUILLAUME DE SAINT-THIERRY (entre 1070 et 1080-1148)

Né à Liège, il vint en France pour étudier, et il entra au monastère bénédictin de Saint-Nicaise de Reims. Il devint abbé de Saint-Thierry, monastère situé à sept kilomètres de cette même ville en 1121. Dès sa première visite à Clairvaux, il se lia d'amitié avec saint Bernard, et désira ardemment entrer dans l'ordre cistercien.

Lui aussi, vrai type de moine, peut-on dire, avait une singulière influence, un ascendant indubitable sur ses co-abbés bénédictins. Comme, de coeur, il était cistercien, il était bien placé pour faire le pont entre les deux branches de l'arbre bénédictin, les "noirs" et les "blancs". Saint Bernard qui s'en rendait compte, préférait le voir rester où il était, à Saint-Thierry. Cependant en 1135, Guillaume entra comme premier postulant à Signy, dans les Ardennes, fondation récente d'Igny, monastère fondé lui-même par Clairvaux.

Déjà à Saint-Thierry, mais surtout à Signy, Guillaume écrivit des oeuvres de valeur. Les voici énumérées par ordre de dates, autant qu'on peut le faire :

Le livre De la contemplation de Dieu et celui De la nature et dignité de l'amour, composés à Saint-Thierry, au début de son abbatiat probablement, soit entre 1121 et 1123.

En 1128, il envoie à Saint Bernard son livre Du sacrement de l'autel.

Ses Méditations ou Oraisons méditées (Meditativae orationes) s'échelonnent de 1121 à 1148; la plupart ne comportent pas d'indices de composition de temps ou de lieu - cependant on peut reconnaître que la 11e et la 12e ont été écrites à Saint-Thierry, tandis que les 4e, 5e, et 9e le furent à Signy. A Signy aussi celle qu'on a nommée la 13e méditation : elle ne fait pas partie de l'ouvrage intitulé par Guillaume Meditativae orationes, et se trouve dans un autre manuscrit que celui qui contient le bloc des douze.

Cistercien à Signy, Guillaume occupa ses temps libres, "pour fuir l'oisiveté", à des travaux de compilation : Nature du corps et de l'âme (ici le mot compilation ne dit pas assez, car la note personnelle domine dans la recherche des documents, leur élaboration et la composition surtout); Commentaires sur le Cantique à partir d'emprunts faits à saint Grégoire le Grand et à saint Ambroise; Commentaire de l'épître aux Romains.

En 1138, il s'adonnait "avec délices" à un Exposé sur le Cantique des cantiques quand, se sentant pressé de mettre les esprits en garde contre les audaces, les erreurs d'Abélard, il arrêta son commentaire, et écrivit sa Dispute contre Abélard. Dans le but de répondre à des questions que se posaient des jeunes influencés par Abélard, de les aider dans leur trouble, il écrivit le Miroir de la foi et l'Enigme de la foi. A cette méme époque il composa les Sentences de la foi, ouvrage aujourd'hui perdu.

Après un séjour qu'on peut dater à 1144 chez les Chartreux du Mont-Dieu, Guillaume leur écrivit sa fameuse "lettre d'or" ; la Lettre aux frères du Mont-Dieu, qui eut un si grand retentissement dans le monde spirituel, dans la formation de religieux de tous ordres.

L'oeuvre ultime est sa Vita Bernardi, la vie du saint abbé de Clairvaux, ami intime qu'il considérait comme son maître (1147-1148); elle est inachevée. Il faut mentionner de plus une Prière - Oratio domni Willelmi, et ce morceau In lacu miseriae qui se trouve dans l'édition de Mabillon comme un "praemium" au livre De la Contemplation de Dieu. La critique interne, fond et forme de ce morceau, me persuade qu'il est de Guillaume, et la critique externe ne peut prouver qu'il n'est pas de lui ; mais la quantité de manuscrits du De contemplando Deo qui ne comportent pas cette prière In lacu miseriae montre que celle-ci n'en est pas le praemium, le préambule.

Homme de doctrine et de prière, Guillaume est une des plus grandes gloires de l'Ordre de Cîteaux, l'un de ses "quatre évangélistes", pour reprendre une expression de dom Anselme le Bail, les autres étant, avec Bernard, - Aelred et Guerric.

 

GUERRIC D'IGNY (vers 1070-1080 - 1157)

Chanoine, puis écolâtre de Tournai, Guerric mena une vie retirée, occupée à méditer et à prier. Il devait avoir dépassé la quarantaine quand il entra à Clairvaux vers 1120, et en 1138 il était envoyé à une maison-fille de Clairvaux, lgny, dont il devenait l'abbé. Il mourut en 1157.

Les traits caractéristiques de son tempérament sont l'humilité, l'ardeur juvénile, l'amour de la pauvreté, une grande délicatesse d'âme.

Les 54 sermons qu'il nous a laissés sont très riches de doctrine, pleins d'onction et bien composés. On remarquera particulièrement ce qu'il dit de la formation du Christ dans l'âme, et du rôle de la Vierge dans cette naissance et croissance spirituelle de son fils.

 

AELRED DE RIEVAULX (1110-1166)

Aelred était Anglais, né à la frontière de l'Ecosse, au bourg d'Hexham. Il devint Sénéchal à la cour du roi d'Ecosse. A vingt-quatre ans, il se fit moine à Rievaulx où, peu d'années après, il remplit les fonctions de père-maître. En 1143 il devint abbé de Revesby, puis, quatre ans plus tard, de Rievaulx.

Il écrivit énormément. Nous n'avons plus sa correspondance, mais il nous a laissé de nombreuses oeuvres :

Aelred est très "humain"; il s'attendrit devant le Seigneur dans son enfance et surtout dans sa passion. Il était d'une patience et d'une sérénité à toute épreuve.

Oeuvres

 

GILBERT DE HOÏLAND (? - 1172)

Anglais, abbé de Swineshead, abbaye bénédictine de la congrégation de Savigny, qui passa en 1147 à l'Ordre cistercien. On peut penser qu'il était de Rievaulx, et qu'il fut envoyé par AELRED pour diriger la communauté adoptée.

Il continua le commentaire du Cantique commencé par saint Bernard, en ajoutant ainsi 48 sermons aux 86 précédents. Il écrivit aussi sept opuscules, aux titres assez suggestifs et bien choisis

I - Sur la contemplation des choses célestes

Il - Chercher Jésus Christ. De la contemplation des bienheureux et de celle des âmes voyageuses

III- Différences entre les joies de la route, et celles de la patrie

IV- Entretiens et méditations sur les choses divines

V - Explication du passage: tout don excellent, toute donation parfaite... Malheureusement la plus grande partie de ce traité manque.

VI- Sur les mystères de la rédemption humaine

VII- A l'abbé Roger : Exhortation â un abbé pour qu'il demeure dans sa charge

BAUDOUIN DE FORD (? - 1190)

Né d'une famille pauvre dans le sud-ouest de l'Angletterre, Baudouin fit ses études et peut-être enseigna à Exeter, dans le Devonshire. Archidiacre de Totnes en 1161, il résigna cette charge en 1169, pour entrer à l'abbaye de Ford. En 1175, il en fut élu abbé, et en 1180 fut promu à l'évêché de Worcester. En 1184, il devenait archevêque de Cantorbéry. Il accompagna, comme aumônier, son roi, Richard Coeur de Lion, à la croisade, et mourut à Tyr en 1190.

Malingre, de petite taille, modeste, réservé, cet homme de Dieu parlait peu, était lent à la colère, doué d'une nature généreuse.

D'une culture très étendue, il écrivit pas mal d'ouvrages, dont une partie seulement, extirpée des fonds de manuscrits, a été déchiffrée et publiée

Du sacrement de l'autel

Seize Traités ou sermons, dont le plus important est celui sur la vie

cénobitique, ou vie commune

L 'Eloge de la foi.

JEAN DE FORD (1140-1214)

Entré jeune au monastère de Ford, il fut formé par l'abbé Baudouin, devint son secrétaire et son prieur. En 1186, il fut désigné comme abbé de Bindon, monastère fondé par Ford, puis devint abbé de Ford en 1192.

Son oeuvre principale est l'achèvement du commentaire du Cantique des cantiques, commencé par saint Bernard, poursuivi par Gilbert de Hoïland. Un sermon pour le dimanche des Rameaux nous a été conservé, ainsi que la Vie de saint Wulfric, ermite.

 

Voir aussi :

ADAM DE PERSEIGNE (v. 1145-v. 1221)

ALAIN DE LILLE

AMÉDÉE DE LAUSANNE (1110 - 1159)

ETIENNE DE SALLEY (? - 1252)

HÉLINAND DE FROIDMONT (VERS 1160 - 1230)

ISAAC DE L'ÉTOILE (Début du 12e s. - vers 1178)

OGIER DE LOCEDIO (? - 1216)

 

 

Père Immédiat (paternité)

Responsable, dans l'Ordre Cistercien, de maison(s)-fille(s) aux termes de la Charte de Charité. On dit qu'il a la "paternité" d'une maison.

 

Prairies (moines) :

Au cours des dernières décennies du XIXe siècle, il y eut en France une agitation politique considérable et bien des communautés religieuses menacées d'expulsion commencèrent à s'exiler. Dom Jean-Marie Chouteau, abbé du monastère trappiste de Bellefontaine, dans le diocèse d'Angers, se tourna vers le Canada.
Il fonda à Oka le monastère de Notre-Dame du Lac en 1881, puis en 1892, il envoya un groupe de moines à St-Norbert, au Manitoba, pour fonder Notre-Dame des Prairies. Aujourd'hui, cette communauté est localisée à Holland, plus à l'écart de la ville. Elle vaque quotidiennement, dans ce cadre de calme et de silence, à l'Office divin, à la Lectio divina et au travail manuel qu'exigent les soins d'un troupeau de vaches laitières, la culture de céréales et la fabrication de fromages.
Depuis, même si ce monastère a été fondé par celui de Bellefontaine, la paternité en est assurée par le Père abbé de Notre-Dame du Lac.


 

Abbaye N.-D. des Prairies

C.P. 310, Holland, Manitoba

R0G 0X0

CANADA

Fondation : 1892

 

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